JUIN-JUILLET-AOUT 2009

(CONGO-AFRIQUE » Editorial)

L’éducation en RDC et ses problèmes...

Editorial

  Le mois de septembre, mois de la rentrée scolaire en RDC, met souvent à nu les différents problèmes auxquels l’école fait face depuis un certain nombre d’années. Pour mieux saisir la nature de ces problèmes et pour nous préparer à les affronter avec lucidité et responsabilité pour l’avenir, la revue Congo-Afrique a décidé de consacrer son numéro de septembre aux problèmes liés à l’éducation en RDC.

    Les résultats de l’enquête réalisée par le Père Léon de Saint Moulin dans le cadre de son cours d’Analyse sociale que nous publions dans ce numéro révèlent quelques-uns de ces problèmes. Il s’agit notamment de : mauvaise gestion des finances publiques, manque de ressources de l’Etat, rémunération non convenable et irrégulière des enseignants, inadaptation des programmes scolaires. En marge de ces problèmes, le Père suggère aussi des pistes de solutions : « Aujourd’hui, écrit-il, c’est un progrès que l’éducation soit valorisée pour elle-même, mais c’est un autre rêve de croire qu’on peut s’affranchir des contraintes de la rationalité économique. L’éducation ne peut être développée durablement que dans un projet cohérent d’emploi des diplômés. La politique de formation doit être inscrite dans une politique générale de développement ».

    C’est dans la même perspective qu’on lira ensuite l’interview que le Père Martin Ekwa bis Isal a accordée à Congo-Afrique. Il insiste sur ce fait qu’« il n’y aura jamais de développement sans école, sans une éducation de qualité de ceux qui devront la réaliser ». Il constate avec amertume la baisse du niveau intellectuel chez les jeunes d’aujourd’hui. Cette baisse est due, entre autres, aux lacunes constatées chez leurs formateurs, spécialement ceux de l’école primaire. Pour y remédier, le Père Ekwa propose un recyclage des instituteurs en fonction, ce qui « leur permettrait de maîtriser eux-mêmes les connaissances fondamentales à transmettre aux élèves : langue, calcul, écriture, étude du milieu, civisme ». Aux uns et aux autres, il faudra nécessairement « assurer un salaire décent  et une carrière sûre ». C’est de cette manière que nous arriverons, conclut-il, à former nos jeunes aux valeurs pour un développement durable. De cette éducation aux valeurs, il en est aussi question dans les «Regards sur les temps actuels» du Père Ghislain Tshikendwa.

    Les problèmes liés à l’éducation s’étendent au-delà du niveau de l’enseignement primaire et secondaire. Le niveau supérieur et universitaire a aussi les siens. Partant de son expérience à l’Université de Kinshasa où il est professeur et s’inspirant aussi de la gestion d’autres universités au monde, le professeur Noël Obotela Rachidi pense qu’une des pistes pour aider à la renaissance de l’université congolaise est la « gouvernance universitaire ». Dans la mesure où elle promeut « l’efficience et le contrôle de qualité, l’évaluation, la transparence et la gestion de ressources », la bonne gouvernance universitaire participera à la refondation de l’université congolaise.

                Nous souhaitons que la lecture des articles contenus dans ce numéro  attire l’attention des uns et des autres sur les problèmes que connaît notre système éducatif et aide à y trouver des solutions durables. C’est à cette condition, nous semble-t-il, que nous bâtirons un pays plus beau qu’avant tel que le recommande notre hymne national.

 

Par CONGO-AFRIQUE