(CONGO-AFRIQUE » Vie et Sciences sociales)
La culture africaine : Quelques aspects positifs et négatifs
LE DISCOURS SUR LA RENAISSANCE AFRICAINE semble être expliqué par le niveau de crise persistante etde pauvreté du continent. Pour opérer un renouveau porteur de développement, il semble que l’on ressente un pressant besoin d’identifier les facteurs responsables de cette situation. Trois types d’analystes semblent dominer les discussions relatives à la crise africaine. Il s’agit des afropessimistes, des afrocentristes et des afroradicaux.
Pour les afropessimistes, il serait irraisonnable, un demi-siècle après les indépendances, de rendre la colonisation encore responsable de la situation de précarité, de régression économique, de mauvaise gouvernance, de persistance des maladies endémiques, de guerres fratricides et de corruption, bref, du lot de malheurs dont l’Afrique souffre actuellement. Ils rejettent la ‘vulgate dépendantiste’, sorte d’alibi commode, qui affirme les représentations misérabilistes d’une Afrique dépendante, désemparée, étranglée, moins sujet qu’objet de son histoire (1). Il faudrait aller chercher l’explication de cette situation ailleurs. Certains d’entre eux désespèrent carrément de voir l’Afrique se développer parce qu’elle serait mal partie (2) ou serait aujourd’hui en train de mourir (3). Il y en a même qui doutent du désir du progrès, de la volonté africaine de développement et pensent que l’Afrique serait incapable d’envisager l’avenir avec beaucoup d’espérance (4). L’Afrique ferait preuve d’indocilité (5) ou de résistance à la modernité. L’intellectuel nigérian, Areoye Oyebola, pose des questions sur le dilemme que l’homme africain Noir doit résoudre : pas fait grand-chose pour changer son environnement et en faire une place où il fait bon vivre. Et pourquoi il n’a pas réussi à se doter des conforts significatifs sans l’assistance ou l’influence étrangères. Il n’a pas été capable, ne fût-ce qu’à sa façon, de moderniser les méthodes de satisfaire les besoins de base comme la nourriture, les vêtements, l’eau. Il n’a pas été capable non plus de créer son propre système de culture agricole, de tissage, de construction de bâtiments, de cuisine moins fatigant et moins pénible comme l’ont fait les autres races, grâce à une application réfléchie des principes scientifiques et de la technologie aux efforts humains» (6).
Bien que les affirmations concernant l’agriculture, le tissage et l’art culinaire soient fausses, la question à poser aurait été non pas celle de la création technique, mais plutôt du perfectionnement technique. Pour les tenants de cette vision, la culture africaine serait le principal obstacle à la réalisation de la démocratie et du développement durable en Afrique (7).
Les thèses afrocentristes ont particulièrement été défendues par le brillant historien sénégalais, Cheikh Anta Diop, qui a mené un combat pour l’indépendance du continent africain et la réhabilitation de sa race (8). Les afrocentristes affirment l’historicité des peuples de l’Afrique. Ils sont d’avis que ce continent est une terre d’histoire qui a ses titres de gloire. L’Afrique est le berceau de l’humanité, c’est-à-dire
«le berceau d’inventions fondamentales, constitutives de l’espèce humaine pendant des centaines de milliers d’années… C’est en Egypte que la plus grande civilisation de l’Antiquité est apparue
Par Pamphile MABIALA Mantuba-Ngoma