JUIN-JUILLET-AOUT 2009

(CONGO-AFRIQUE » Economie et développement)

Les atouts et limites du fleuve Congo face à la relance de l’économie post-conflit en RD Congo

Economie et développement

Les atouts du fleuve

Le fleuve Congo occupe l’immense cuvette de l’Afrique centrale. Son réseau hydrographique couvre plus de 2/3 de la RD Congo. Son réseau navigable comprend plus de 25.000 km de voies à l’état naturel dont près de 15.000 explorés et classifiés (Gulemvuga, 2003). Son parcours de 4.374 km est subdivisé en plusieurs biefs: le bief supérieur (2), le bief moyen et ses affluents (3), le bief inférieur, enfin, qui se partage en trois (4), selon la Régie des Voies fluviales (RVF).

La navigation dans le bief supérieur, au-delà de Kisangani, est interrompue par des chutes ou rapides. Le bief inférieur, en deçà de Kinshasa, est parsemé de 32 chutes qui rendent la navigation impossible. Le chemin de fer a suppléé aux tronçons non navigables en jouant pratiquement le rôle de pont entre les biefs navigables. C’est le cas des rails Matadi–Kinshasa et Ilebo-Lubumbashi, jadis Aketi-Bumba, etc.

Le fleuve et ses affluents constituent une épine dorsale du Congo et un axe nourricier du pays. Par lui, on assure le transport le moins dispendieux. Transporter une tonne de produits de la ville portuaire de Matadi à Kinshasa par route coûte trois fois plus cher que le faire de Kisangani à Kinshasapar voie fluviale (Roux, 2007).  Le rôle du fleuve n’est pas seulement économique mais aussi social. Le fleuve est l’une des plus importantes voies de communication qui permet des échanges massifs de marchandises et de personnes à bas coûts entre différentes régions d’un pays.

Le développement économique de diverses provinces dépend essentiellement de lui (5), sans oublier sa jonction avec le chemin de fer, qui établit la liaison avec d’autres provinces (6). En l’absence de routes praticables, face à un réseau ferroviaire vétuste et au coût énorme du fret aérien, la voie fluviale reste le meilleur moyen pour les échanges commerciaux et le développement de l’agriculture dans les provinces riveraines. Ainsi, jusque dans les années 80, cuivre, huile, coton, sucre, café et pétrole passaient par eau pour atteindre la côte atlantique, et c’est par le fleuve aussi que les biens importés atteignaient l’intérieur du pays. Par le fleuve, on assurait aussi efficacement le déplacement des personnes, à la satisfaction des voyageurs, jusqu’au début des années 80.

Par Francis LELO Nzuzi et Célestin TANTU Nginamau