JUIN-JUILLET-AOUT 2009

(CONGO-AFRIQUE » Editorial)

2009: Année de grands défis

Editorial

 Que nous réserve l’année 2009 ? », nous interrogions-nous dans notre éditorial de décembre 2008. La question est importante et demeure d’actualité au regard de la situation préoccupante du moment sur le plan tant national qu’international.

   L’année 2008 s’est achevée, au niveau international, par les nouvelles alarmantes de la crise financière mondiale dont les experts disent qu’elle est une des crises financières les plus graves que le monde ait jamais connues. Les stratégies pour venir à bout de cette grave crise qui n’épargne aucun pays continuent d’être envisagées par les uns et les autres sans mener, du moins jusqu’à présent, aux résultats appréciables.

   La crise financière actuelle représente, à nos yeux, un premier grand défi mondial en ce début d’année. Nous sommes d’avis qu’étant mondiale, cette crise nécessite des solutions mondiales. Pays riches et pays pauvres sont tous appelés à réfléchir sur les causes profondes de la crise afin qu’ensemble, ils puissent proposer des solutions efficaces et durables susceptibles de la vaincre.

Déjà en 1961, dans Mater et Magistra, Jean XXIII invitait les peuples à un sens élevé de collaboration internationale pour résoudre les problèmes qui se posent à l’humanité :

« Le progrès des sciences et des techniques ayant resserré de nos jours, dans tous les domaines de la vie sociale, les relations entre les peuples, écrit-il, ceux-ci dépendent de plus en plus étroitement les uns des autres. Et comme tout problème de quelque importance, qu’il soit scientifique, technique, économique, social, politique, culturel, dépasse souvent les possibilités d’un seul pays, il prend nécessairement des dimensions supranationales, parfois même mondiales » (Mater et Magistra, 200-2001).

   Le Pape insistait, à juste titre, sur le fait qu’aucun pays ne peut prétendre, au-delà de son niveau de développement, résoudre seul ses problèmes :

« Quels que soient son niveau de culture et d’instruction, le nombre et les capacités de ses citoyens, l’abondance de ses ressources, l’étendue de son territoire, fait remarquer Jean XXIII, aucun pays ne peut, à lui seul, résoudre pleinement ses problèmes essentiels. Obligés de se compléter mutuellement, les peuples ne serviront bien leurs intérêts qu’en pensant également à ceux des autres. Aussi, est-ce la nécessité même qui invite les Etats à l’entente et à la collaboration » (Mater et Magistra, 2002).

   L’invitation à la collaboration internationale semble encore plus s’imposer aujourd’hui face aux menaces qui pèsent sur le développement du monde. C’est ici qu’il nous faut évoquer un autre grand défi de cette année 2009 : la promotion de la paix et de la justice.

   Les mauvaises nouvelles en provenance du Proche-Orient où, depuis des semaines, les Forces armées israéliennes bombardent massivement les positions des Forces du Hamas à Gaza, sans épargner les populations civiles, viennent s’ajouter à celles qui nous parviennent d’autres parties du monde : la RD Congo, la Somalie, le Soudan, etc. Nous assistons, presque impuissants, aux déplacements massifs de populations entières, à la mort brutale et prématurée de quantité d’innocents parmi lesquels un grand nombre de femmes et d’enfants, victimes de conflits armés.

   Les crises, nous dira-t-on, sont inhérentes à la vie humaine. Mais, il y en a que les hommes pourraient éviter s’ils privilégiaient le dialogue persévérant et sincère, la concertation franche et les concessions raisonnables qui favorisent les intérêts essentiels des uns et des autres. La guerre des Etats-Unis et leurs alliés en Irak n’a-t-elle pas montré que les solutions militaires apportent avec elles d’autres problèmes complexes qu’il n’est toujours pas facile de résoudre ?

   L’élection de M. Barack Obama comme Président des Etats-Unis d’Amérique à laquelle nous revenons dans ce numéro est, à notre avis, le résultat de l’aspiration au changement. Notre humanité a besoin de changer, en se servant des leçons de l’histoire. Et l’histoire nous enseigne que la solidarité et la recherche de la paix sont parmi les chemins qui conduisent au développement.

   Mais, comment résoudre ensemble les problèmes liés à la crise financière et comment lutter ensemble pour la promotion de la paix si nous n’y sommes pas tous éduqués ? Le dernier grand défi à relever que nous identifions est l’Education. Il s’agit de l’éducation pour tous dont il faut faire un droit fondamental. Il nous faut surtout éduquer nos jeunes à la culture de la solidarité mondiale et à celle de la lutte pour la paix mondiale. L’avenir de notre humanité en dépend.

Comme on le voit : l’année 2009 offre à notre monde l’opportunité de  relever ces grands défis et de promouvoir la paix dont l’absence risque de compromettre le développement de l’humanité.

Par Congo-Afrique